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Va-t’en Corona

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Corona II : témoignage d’une étudiante chinoise en médecine

25/03/2020
Aujourd’hui, je vous apporte encore un autre témoignage très détaillé d’une jeune étudiante chinoise en médecine qui a réussi vaincre le covid-19. Son regard sur cette période difficile lors de son hospitalisation est très intéressant car elle a su utiliser ses connaissances médicales apprises à l’université.

Lin est rentrée dans son village natal quelques jours avant la mise en quarantaine de Wuhan (l’épicentre du coronavirus en Chine). Quatre jours après son retour, elle a eu une fièvre de 38 degrés, elle avait le sentiment d’avoir froid et des courbatures aux muscles. Elle a craché et a constaté que le crachat était mousseux. Immédiatement, elle s’est dit qu’elle était peut-être affectée par le coronavirus. Elle a scellé la poubelle où il y avait le crachat, a aussitôt porté un masque et a demandé à ses parents et ses voisins de faire de même.

Contrairement aux malades résidant à Wuhan qui n’ont pas pu trouver de lits au début de la quarantaine à cause de l’afflux de malades, Lin a eu la chance d’avoir accès tout de suite aux soins. En effet, elle était la première malade du coronavirus de son village. Elle a pu faire rapidement les examens nécessaires : la radio des poumons et la prise de sang. Cette dernière a indiqué que son niveau de transaminase n’était pas normal, qu’il y avait une baisse du nombre de cellules immunitaires, les globules blancs étant presque réduits à 0. Le dépistage au coronavirus du lendemain a confirmé son doute : elle était malade du coronavirus.

Elle a eu des transfusions et des médicaments anti-inflammatoires. Cependant, elle gardait en tête que comme il s’agissait d’un problème immunitaire, les médicaments n’étaient là que pour aider son corps à lutter et que le remède le plus important était en effet son propre corps et sa conviction.

Elle avait tout le temps soif et pouvait boire une dizaine de verre d’eau par jour (équivalent de 3 litres) et ne sentait pas forcément le besoin d’aller aux toilettes jusqu’à ce qu’elle y soit. Elle estimait que sa vessie avait perdu sa sensibilité.

Le deuxième jour de son hospitalisation, elle se senti en détresse respiratoire à partir de minuit. Elle a palpé son cœur et a constaté qu’il battait au ralenti. Au niveau du cou, elle ne sentait presque pas de pulsation. Cela faisait « tcha tcha » et non pas « tong tong » comme pour les gens normaux.

Elle a réalisé qu’elle commençait à manquer d’oxygène. « Il ne faut pas paniquer » se dit-elle car la panique fait consommer encore plus d’oxygène. Elle a appelé à l’aide l’aide- soignant et on lui a apporté une bouteille d’oxygène.

« Il ne faut pas je dorme, sinon je vais oublier de respirer spontanément. Il ne faut pas que je m’allonge non plus sinon ça comprime les poumons. Il faut mettre la tête sur la tête de lit et garder 100 degrés entre les jambes et le corps »

« Avant que les médecins n’arrivent, je respirais au mieux grâce à la bouteille d’oxygène, j’essayais de bouger mes quatre membres en espérant de pouvoir les réchauffer »

« Le médecin est arrivé et m’a encouragé. On a préparé en même temps un petit enregistrement dans lequel j’adressais mes derniers mots à ma famille »

« Deux ou trois heures plus tard, mes mains et pieds ont commencé à se réchauffer mettant ainsi fin à l’agonie. Ma température était de 39 degrés. Je me suis dit que c’était un bon signe car cela prouvait que mon système immunitaire avait tenu le coup et continuait à combattre.  »

« Sur mon carnet de santé, le médecin a finalement noté « cas bénin « . Le quatrième jour, la température corporelle était de 37 degrés. L’aide-soignant est passé refaire une prise de sang et m’a félicité. J’avais les larmes aux yeux, après plusieurs jours de combat, je savais que j’étais enfin hors de danger et j’ai eu très envi de prendre une bonne douche ! »

« La nouvelle radio pulmonaire a montré que leur état s’était beaucoup amélioré et qu’il n’y avait presque plus de symptômes inflammatoires. Je continuais à recevoir la thérapie immunoglobuline par voie intraveineuse. Selon le médecin, cela permettait à mon système immunitaire de regagner son efficacité durant ma convalescence.  »

« Je remercie à tous les médecins et aide soignants qui ont tout donné pour m’éloigner de la mort. Ce sont les vrais soldats. Je ne suis qu’un être humain ordinaire.  »

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Corona I : témoignage d’une famille chinoise guérie

14/03/2020
Le coronavirus commence à sévir en France. Nous ne savons pas encore quel genre de difficultés auxquelles nous allons faire face. Chaque individu est petit, mais si on rassemble les petits efforts de chacun dans cette immense digue humaine face au virus sans pitié, nous pouvons le vaincre. Sûr et certain! Je crée la rubrique Va-t’en Corona et essaie d’écrire, dès que j’ai l’occasion, des articles pour vous aider et m’aider à affronter cette période difficile ! À commencer par le témoignage encourageant d’un professeur chinois à Wuhan dont les membres de famille ont tous guéris du covid-19.

M. Wan Qian est un professeur d’architecture à l’université de Wuhan, chef lieu de la province de Hubei, première ville mise ne quarantaine en Chine. Grâce à son sang froid, il a réussi à sauver tous les membres de sa famille qui furent diagnostiqués au Coronavirus quasi simultanément. Le 23 janvier, 3 jours après la mise en quarantaine de Wuhan, la femme de M. Wan Qian, un médecin de la ville, s’est fait dépister pour se préparer à travailler au front. Le test a été étendu également aux membres de la famille. La surprise du réveillon chinois le 24 janvier fut que toute la famille s’avéra porteuse de la maladie : d’abord sa femme et sa belle mère de 71 ans, puis M. Wan Qian ainsi que sa fille de 8 ans.

Ils avaient alors des symptômes légers et comme il n’y avait pas suffisamment de lits à ce moment-là pour tous les malades atteints du coronavirus, ils ont pris les médicaments prescrits par les médecins et ont commencé à s’isoler à la maison.

« La chose primordiale pour se sauver soi-même, c’est de ne pas paniquer […] j’étais presque sûr que moi, ma femme et ma fille pouvions tous nous en sortir. Je m’inquiétais juste pour ma belle-mère »

La première chose qu’il a fait avant l’« auto-quarantaine » fut de vérifier le stock de matériel disponible à la maison : solution hydro-alcoolique, solution désinfectante, masques, papiers toilette, et grandes poubelles…

Il s’estimait avoir une bonne santé en général et une endurance encore meilleure. Il a donc décidé de prendre en charge les tâches ménagères quotidiennes : faire la cuisine, nettoyer les toilettes, s’occuper des plus malades…

Sa femme médecin a imprimé un tableau (comme dans un hôpital) notant les consignes de prise de médicaments (l’heure, le nombre de fois, les dates etc…). Chaque fois, il fallait cocher la case si on avait pris son médicament.

Ils ont également préparé une grande quantité de bouillon de poulet au préalable : dans le cas où tout le monde devient très malade, ça prendrait moins de temps et d’énergie pour préparer à manger. Si jamais on perd l’appétit, on peut quand même reprendre un peu de force en buvant du bouillon.

Quatre jours après leur test, le 28 janvier, M. Wan Qian a commencé à avoir de la fièvre. Ça montait et descendait, cela a duré plusieurs jours. Sa femme a dû être transportée à l’hôpital après que les signes devenaient plus grave. Cette période a été extrêmement difficile pour toute la famille. Après un isolement d’une vingtaine de jours, la famille n’avait plus de symptômes, mais malheureusement de nouveaux tests se sont révélés positifs, malgré le fait que les radios pulmonaires montraient déjà des signes distinctifs d’amélioration et qu’ils n’avaient plus de température. Leur isolement a dû être prolongé, cette fois-ci sur l’ordre du gouvernement dans un hôtel aménagé spécialement pour les gens en convalescence. Le 13 mars, ils sont enfin tous été autorisés à rentrer chez eux après de nouvelles vérifications médicales.

Les mesures citées par M. Wan Qian qui ont aidé sa famille à s’organiser durant la phase d’isolement à domicile :

  • Chacun prend une pièce et garde ses distances.
  • Les affaires quotidiens telles que verres, bols et assiettes sont strictement personnels.
  • Désinfecter les téléphones portables matin et soir.
  • Tout le monde porte un masque.
  • Désinfecter systématiquement les toilettes quand les médecins soupçonnait qu’il y ait des possibilités que la transmission se fasse également par voie fécale, mais aussi via des particules en suspension dans l’air surtout quand il s’agit d’un espace fermé et non aéré.
  • Les masques et les mouchoirs usés sont désinfectés et jetés dans une grande poubelle fermée. Pour protéger les voisins, ils limitaient la sortie des poubelles tout en évitant la rencontre, et marquaient sur leur poubelle comme quoi c’était désinfecté et qu’il ne fallait pas les ouvrir.
( source : le weibo de M. Wan Qian https://www.weibo.com/u/6454525724?refer_flag=1005050010_ )